Par

Yann Gouvernnec

Publié le

mai 17, 2016

Tags

blog, marketing, RP

Je vous dois une confession : je blogue, et même de façon compulsive, depuis 11 ans (et c'est sans compter sur le temps mis à écrire sur Internet avant l’essor des blogs). Écrire est un tel plaisir que je pense ne jamais pouvoir m’en lasser. C'est même devenu mon métier.


Tous les matins, à l’heure où la plupart des gens dort encore à poings fermés, je suis installé devant mon clavier, voire même plus souvent devant mon carnet, car je suis un adepte de la reconnaissance vocale et que j’aime écrire avec un stylo (vieille technologie mais fiable).

Mais voilà : être blogueur est un drôle d’état : d’une part, cela vous vaut une reconnaissance difficilement compréhensible (prestige de la « nouveauté » je suppose si tant est qu’une invention de plusieurs décennies puisse être encore considérée comme nouvelle). D’autre part, un blogueur a toujours ce sentiment d’infériorité par rapport à son grand frère le journaliste. Il n’a pas de carte, il parvient parfois s’insinuer sur les salons et les événements dans lesquels quelques organisateurs complaisants lui donnent droit à un badge de presse. Il lui arrive aussi de se faire rejeter : pas assez établi, pas assez pro, pas assez introduit. Mais voici que le monde change. Il change même depuis 20 ans. Je crois même avoir participé de ce changement.

J’ai créé mon site Visionary Marketing il y a 20 ans tout juste, du fait de cette injustice, qui voulait qu’on refuse des papiers à certains et qu’on en accorde à d’autres, sans que la justification soit toujours convaincante. Aujourd’hui, il me fait vivre et soutient une activité économique, ce n’est donc pas qu’un hobby.

De l’écrit à la marque média

Depuis 10 ans au moins, la question se pose elle aussi aux entreprises et aux marques qui veulent devenir des médias. Elles le peuvent, il suffit de le vouloir, et de s’en donner les moyens. Pour s’en convaincre, je vous renvoie à mon ouvrage, coécrit avec mon compère Hervé Kabila, intitulé : “La communication digitale expliquée à mon boss » .

Mais la question du jour est ailleurs : doit-on se lancer corps et âme dans le marketing de contenu et oublier les RP ? Les médias sociaux permettent-ils de se passer de la presse ? Les réseaux sociaux vous affranchissent-ils des réseaux humains ? Je sens que vous me voyez arriver avec mes gros sabots, d’autant plus que si j’écris ceci sur le blog de LEWIS, c’est que la question est avant tout rhétorique.

La guerre des blogs n’aura pas lieu

En fait, la question ne se pose pas et c’est facilement compréhensible : il n’y a pas, hors des postures et des préjugés, de différence de nature entre bon marketing de contenu et bon journalisme. Tout comme il n’y a pas de différence entre bon contenu de marque (branded content) et publi-rédactionnel. Dans les deux derniers cas, il s’agit d’une publicité déguisée, vite démasquée.

Dans le cas du content marketing et du journalisme, il s’agit de contenu pur et seule la qualité compte (avis subjectif qui reste, dans les deux cas, déterminé par le lectorat). Les deux répondent aux mêmes critères, et à peu près aux mêmes règles. Encore voit-on quelques différences subsister aujourd’hui quant au mode de diffusion, mais celles-ci tendent à s’amenuiser, au grand dam de certains journalistes traditionnels, et au grand bonheur de ceux qui ont su s’emparer des nouveaux médias.

Il n’y a pas de différence majeure, sauf peut-être une différence d’approche et encore. Un bon journaliste a un style. Un bon blogueur aussi. Un bon journaliste croise son information. Un bon blogueur aussi etc.

La question de savoir si votre stratégie RP doit faire l’impasseSur l’un ou l’autre de ces domaines – la presse (plus ou moins traditionnelle) ou les blogueurs, les influenceurs et les médias sociaux – n’a en fait aucun sens. Il est possible de développer sa marque et sa notoriété uniquement en ligne, je l’ai démontré de nombreuses fois (l’inverse devient de plus en plus difficile mais est bien entendu possible). Être capable de mélanger les deux mondes est incroyablement puissant. C’est là le vrai graal. D’autant plus que peu nombreuses sont les marques qui savent mélanger les deux styles, surtout dans le B2B (le B2C est quant à lui plus à l’aise dans le contenu de marque à tendance publicitaire).

Et le plaisir d’écrire est entier sur tous les supports. Pour réussir, vous faudra-t-il encore apprendre à vous adapter à leurs spécificités, apprendre et maîtriser les médias sociaux, caisse de résonance du contenu. Armés de cette expérience, vous pourrez enfin profiter à fond de ce nouvel art, le « social media release », nouvel avatar des RP.

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